A VENIR

PROCHAINEMENT A LA BOBINE

Mercredi 7 novembre 2018

à 20h30

dans le cadre du

« Mois du film documentaire »

 

en partenariat avec

CINE-RENCONTRE

en présence du réalisateur STEPHANE ROLAND

LE SOLILOQUE DES MUETS
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2017. 1h10. Documentaire de Stéphane Roland
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En 2015, à La Haye, un tribunal symbolique est chargé de juger les crimes commis par le régime du Général Suharto en Indonésie en 1965. Passée sous silence pendant près d’un demi-siècle, cette répression a pourtant fait des centaines de milliers de morts, dans un contexte de lutte anticommuniste et avec le soutien sinon l’assentiment de pays occidentaux. Une vérité que les survivants ont bien du mal à faire émerger, des décennies après.

Dans les paysages paradisiaques des îles indonésiennes, sont enfouies les traces de l’un des plus grands crimes de masse du XXe siècle. Dans les grottes de Jomblang, sur les plages de Bali, à Wonosobo, sur l’île de Kemaro, des lieux d’anciens massacres, des fosses communes, des camps et prisons témoignent de la répression qui s’est abattue sur la population indonésienne dès 1965.

En octobre 1965, l’assassinat de militaires indonésiens – imputé au Parti communiste indonésien (PKI) – est le prétexte au déclenchement d’arrestations et de meurtres, initiés par les forces spéciales du Général Suharto qui accédera au pouvoir deux ans plus tard. La volonté de Suharto de « purger » le pays de tous les communistes va entrainer la mort ou l’emprisonnement de centaine de milliers de personnes.

Ceux qui ne sont pas massacrés sont emprisonnés dans des camps, où leur degré « d’implication » dans de prétendus complots est matérialisé par des lettres, les prisonniers classés « A » risquant la mort ou la prison à vie. Ces prisonniers, qui ignoraient pourquoi ils étaient arrêtés ou libérés, ont également à leur libération été privés de leurs droits, interdits de travailler et surveillés.

Les pays occidentaux, au premier rang desquels les États-Unis, en encourageant l’accession au pouvoir des militaires, en fournissant des armes au régime, en livrant les noms de militants communistes et en encourageant la lutte contre le PKI ont une responsabilité dans ces crimes, qui sont très largement passés sous silence par le gouvernement et la société indonésienne. Aujourd’hui, les témoins et survivants ont bien du mal à se faire entendre, et redoutent que l’histoire ne se répète un jour, dans un pays divisé et amnésique.